L’amélioration de la qualité des enseignants est la clé du développement durable

Il est largement reconnu que l’éducation des jeunes peut considérablement améliorer leur santé ainsi que leur bien-être social et économique. La reconnaissance de ce fait s’est traduite par un engagement positif des pays envers le deuxième des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies, à savoir « assurer l’éducation primaire pour tous ».

Bien que l’objectif n’ait pas été atteint dans le délai imparti de 2015 (il a atteint un taux respectable de 91 %), des progrès considérables ont été réalisés en termes de taux de scolarisation, avec pour conséquence une amélioration des niveaux d’alphabétisation et du nombre de filles scolarisées.

Le programme des Nations unies pour 2030, qui s’appuie sur les OMD, comprend 17 objectifs de développement durable (SDG). L’objectif 4 vise à « assurer une éducation de qualité, inclusive et équitable et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

Les OMD et les SDG ont été soutenus par diverses organisations internationales telles que l’UNESCO et la Banque mondiale. Ces organisations ont fourni des fonds et des compétences, et continuent de le faire, aux pays en développement pour les aider, ainsi que leurs gouvernements, à développer et à améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de l’éducation offerte à tous les niveaux, et pas seulement au niveau primaire.

Les défis à relever pour atteindre les SDG

Il s’agit sans aucun doute d’une lutte de longue haleine pour parvenir à une amélioration réelle et durable de la réalisation de la SDG 4, compte tenu du contexte social, politique, culturel et économique de certains de ces pays, mais il est extrêmement important de persévérer.

Les jeunes sont confrontés à des défis considérables dans le monde en développement où il y a (à des degrés divers) un manque d’accès à l’eau potable, un manque de disponibilité de soins de santé de qualité et un approvisionnement alimentaire insuffisant ; où l’inégalité entre les sexes persiste, une perturbation de l’éducation car le pays est confronté à une gouvernance instable, des niveaux excessifs de corruption et de criminalité et dans certains cas des conflits permanents – et des conflits ethniques ont vu les gouvernements restreindre l’accès des minorités à l’éducation.

Il faut s’attendre à ce que les jeunes qui souffrent de la faim ou de la malnutrition, qui vivent dans un état sanitaire médiocre ou qui sont victimes de la guerre soient beaucoup moins motivés, sans parler des possibilités de s’engager dans l’éducation et de leur moindre capacité d’apprentissage.

La situation est aggravée pour les femmes dans les cultures où l’éducation des filles est encore considérée comme un gaspillage d’efforts et où elles ne peuvent suivre aucune scolarité formelle et sont censées se marier dès la puberté. Dans les cas où les femmes vont à l’école, le manque d’installations sanitaires et de toilettes réservées aux filles entraîne une interruption de leur scolarité, tout comme la grande distance qu’elles doivent parfois parcourir à pied, ce qui peut les rendre plus vulnérables à la violence.

Efficacité des dépenses d’éducation

Ayant eu l’occasion de travailler dans le secteur de l’éducation dans un certain nombre de pays en développement, j’ai pu constater les progrès considérables qui ont été réalisés. En même temps, cependant, je me suis interrogé sur certaines des décisions concernant l’affectation des fonds ainsi que sur le changement constant de direction avant que des progrès authentiques dans un domaine puissent être réalisés de manière réaliste.

On ne peut pas s’attendre à ce que les fonds internationaux couvrent tous les besoins des systèmes éducatifs qui manquent de ressources et, dans les pays en développement, les gouvernements ont tendance à dépenser moins pour l’éducation que les pays développés. Toutefois, la question de l’efficacité des dépenses en matière d’éducation reste posée.

Il ne fait aucun doute que les gouvernements sont confrontés à des décisions difficiles quant aux ressources à allouer, notamment pour savoir si l’accent doit être mis sur l’amélioration de l’accès à l’enseignement primaire ou sur la construction d’un plus grand nombre d’écoles secondaires ou sur le financement de la création d’une université.

Accès à des enseignants et à un enseignement de qualité

L’efficacité de l’enseignant est le facteur déterminant le plus important pour la réussite de l’apprentissage d’un enfant. Pour que la SDG 4 devienne une réalité, il faut investir résolument dans le processus de formation des enseignants et dans le développement d’un corps enseignant de qualité.

C’est là que commence le véritable changement : avoir des enseignants et un enseignement de qualité. Sans accès à des enseignants et à un enseignement de qualité, comment un pays peut-il garantir la fourniture d’une éducation de qualité et l’obtention des résultats d’apprentissage nécessaires ?

Des bâtiments bien conçus ainsi que des ressources pédagogiques et du matériel d’apprentissage abondants sont autant d’atouts qui peuvent rendre l’expérience éducative plus agréable, mais qui dispense l’enseignement et comment sont les éléments les plus critiques pour garantir de véritables performances d’apprentissage.

J’ai vu des exemples de jeunes occupant des salles de classe avec des sols en terre battue et des fenêtres à persiennes, qui dépendent de ventilateurs pour éviter la chaleur et partagent leur bureau en bois avec trois autres personnes, mais qui, en raison de la qualité de l’enseignement reçu, ont été pleinement engagés dans des expériences d’apprentissage constructives et utiles. La présence quotidienne des élèves (et des enseignants) n’a pas posé de problème.

Pour aider à briser le cycle de la pauvreté et à construire de manière réaliste la base de compétences des jeunes dans les pays en développement et contribuer ainsi au développement social et économique de la société, il faut de bons enseignants capables de dispenser des expériences d’apprentissage éducatif de qualité.

Pour qu’un système éducatif soit efficace, il faut qu’il y ait de bons enseignants. Cela signifie des enseignants capables d’offrir aux jeunes des possibilités d’apprentissage qui garantissent que leur apprentissage sera utile et durable, qui possèdent de solides connaissances pédagogiques et peuvent dispenser un enseignement efficace, et qui peuvent gérer une population d’apprenants de plus en plus diversifiée et soutenir différents styles d’apprentissage.

Rompre le cycle de la pauvreté

Les fonds internationaux et nationaux fournis pour soutenir la réalisation de la SDG 4 ne reconnaissent pas toujours de manière adéquate l’importance d’investir dans le « front end » du processus pour réaliser l’objectif d’une éducation de qualité inclusive et équitable pour tous.

Il en résulte un cercle vicieux de formateurs d’enseignants qui ne possèdent pas les connaissances et les compétences nécessaires pour préparer correctement la prochaine génération d’enseignants, qui, à leur tour, offrent des expériences d’apprentissage de qualité inférieure aux jeunes, lesquels sont mal préparés pour briser le cycle de la pauvreté.

Il faut commencer par prêter attention à la qualité de la formation que reçoivent les futurs enseignants, ce qui suppose de veiller à ce que les instructeurs universitaires soient dûment qualifiés et compétents. L’offre, le recrutement, le soutien et la rétention des enseignants font tous partie de l’équation complexe de la création d’un corps enseignant de qualité.

Cela signifie qu’il faut mettre en place une stratégie nationale globale et à long terme qui apprécie la manière dont tous ces facteurs fonctionnent ensemble et investir pour la concrétiser. Le plus important est peut-être de faire preuve de l’engagement et de la volonté politiques nécessaires pour mener à bien cette tâche.

Avantages

Les avantages d’un corps enseignant de qualité sont nombreux et comprennent la fréquentation régulière et l’achèvement de l’enseignement scolaire par les jeunes, qui acquièrent ainsi des compétences essentielles pour la vie et l’emploi.

Pour les filles qui terminent au moins la fin du niveau primaire, cela peut diminuer la probabilité qu’elles deviennent de jeunes mères. L’effet d’entraînement signifie que ceux qui reçoivent une éducation de qualité sont plus susceptibles d’encourager la prochaine génération à terminer leur scolarité, souvent au-delà du niveau qu’ils ont atteint.

De manière très importante, ces avantages ont également un impact positif sur le bien-être du pays dans la mesure où une population plus instruite est plus consciente et mieux informée des questions sociales, économiques, politiques et environnementales essentielles.